Suite à une récente demande, nous nous sommes penchés sur la Sicav Triodos Euro Bond Impact Fund. Si comme on le verra, notre avis n’a pas changé par rapport à notre analyse des Sicav Triodos du 13/06/25, nous avons ici voulu voir ce qu’il en était des Sicav obligataires en général, avec une question : faut-il y investir ou est-il préférable de se cantonner à une assurance-vie de branche 21 ? Sans mettre en avant les éventuelles qualités durables d’une sicav obligataire, force est de constater que la question n’est pas dénuée de sens, surtout depuis 2014.
Back to the 2000
Le graphique ci-dessous reprend l’évolution de trois Sicav ayant un historique (très) long : 25 ans (2001 – 2025). Comme on le sait, un des gros critères qui va avoir une influence sur le cours d’une Sicav est l’évolution des taux d’intérêts. Pour faire court, quand ils montent, la Sicav baisse, et inversement. Le graphique ci-dessous montre très bien cette réactivité aux taux :

– Entre 2001 et 2019, nous avons eu une baisse des taux, laquelle s’est traduite par une hausse du cours des Sicav obligataires.
– Suivant les gestionnaires et le contenu, la réactivité a été différente dès 2014.
– Mais à partir de 2020, les choses commencent à être difficile pour tout le monde et 2022 viendra mettre un gros coup d’arrêt.
– Depuis 2024, le marché se reprend avec des taux +/- stabilisés à un point relativement haut mais encore sous pression.
Votre œil attentif aura remarqué la ligne verte qui barre le graphique. Il s’agit de l’évolution d’un contrat AFER Europe (*), fonds garanti de branche 21. On notera, et c’est loin d’être innocent, que nous avons compté 4 % de frais et taxes sur ce contrat à l’entrée, soit un départ avec 9.600 €, et que les cours des Sicav sont données hors frais et taxes ! Avec un capital de 21.984 € après 25 ans, le résultat est sans appel, mais doit être nuancé.
En effet, entre 2001 et 2010, bon an, mal an, la différence n’est pas énorme. Elle se marque à l’avantage des Sicav entre 2011 et 2021. Mais la machine se grippe et la branche 21 retrouve sa raison d’être, si l’expression peut être employée ici.
Soyons réalistes
Question : qui a gardé son capital initial soit en Sicav soit en fonds garanti pendant 25 ans ? Sans doute pas grand monde. La simulation est donc théorique. Le reste-t-elle si l’on pose le même constat sur 10 ans ? Non, et pour deux raisons :
- L’investissement en fonds de placement est conseillé à moyen / long terme et 10 ans est un bon objectif de durée.
- Les contrats de branche 21 sont nettement plus rentables après 8 ans puisqu’ils évitent dès ce moment tout précompte mobilier sur les intérêts.
Le graphique devient dès lors celui-ci :

On notera qu’ici le capital de départ AFER est de 9.702 €, soit 10.000 € moins la taxe d’assurance de 2 % et des frais sur versement de 1 %, ce qui correspond à la réalité proposée par Ligne Bleue. Quoi qu’il en soit, le résultat est flagrant et la chute de cours des Sicav en 2022 risque de faire mal encore longtemps avant de rattraper le niveau d’une branche 21.
Et à l’avenir ?
Si les résultats de passé ne sont pas une garantie pour l’avenir, ils permettent de mettre les évènements en perspective. Et de voir dans quelle mesure l’avenir peut être plus ou moins serein. La question qui se pose aujourd’hui semble être redevenue pertinente : à profil d’investisseur égal et le permettant, vaut-il mieux investir en Sicav d’obligation ou en branche 21 ? L’une peut être attractive sur deux points : des taux actuels qui ne sont pas faibles et permettent donc un rendement direct notable ; et une perspective d’augmentation de cours en cas de baisse future des taux. L’autre suit le mouvement des taux avec parfois un décalage, mais offre une garantie et une tranquillité que les Sicav ne peuvent donner.
Notre avis
À défaut d’un suivi non pas pointu mais réel, le second point emporte notre adhésion. Nous pensons qu’effectivement il sera possible de tirer son épingle du jeu en invertissant en obligations. Mais à quel prix et pour quel supplément de rendement ? Et pour combien de temps ? L’histoire parfois se répète. Raison pour laquelle nous conseillons à ceux qui voudraient se lancer dans cette démarche de penser à suivre le fil de l’eau et se retirer du marché si la rivière devient torrent.
Pour les autres, les investisseurs à long terme, nous gardons notre conviction : mieux vaut un portefeuille diversifié avec des branches 21 et 26 pour les parties garanties et de la branche 23 pour celles non garantie. Mais cette branche 23 sera plutôt constituée de fonds mixte neutre, neutre offensif et actions en fonction du profil et de l’état de patrimoine de chacun. Quitte à ce que cette partie à risque soit plus restreinte pour conserver son équilibre global au patrimoine.
On entre ici dans une zone de conseil et nous n’irons donc pas plus loin afin de ne pas perturber ceux qui ne liraient pas le disclaimer ci-dessous, ce en quoi ils auront bien tort. Car nous ne donnons ici qu’un avis général. Que serait notre métier si nous ne pouvions affiner notre expérience (qui se trompe parfois, rappelons-le) au regard d’une analyse personnalisée qui intègre les paramètres qui sont les vôtres ? Dès lors que vous souhaiteriez avancer dans cette voie, nous vous invitons à nous contacter pour un rendez-vous en ligne ou en présentiel.
(*) Ce contrat n’est plus commercialisé depuis 2015.
Disclaimer : Le présent article n’est pas donné à titre personnel, n’est pas un conseil en placement et ne vise pas à placer de l’argent dans un fonds spécifique. Cette démarche doit être faite avec votre courtier qui prendra les mesures opportunes pour déterminer, si ce n’est déjà fait, votre profil d’investisseur et vérifier avec vous le placement le plus adéquat par rapport à votre situation. Lisez toujours les documentations officielles publiées par les assureurs et disponibles en suivant les liens proposés ou les documents en téléchargement.
Ligne Bleue