ï»ż Ligne bleue | Branche 21 : choisir un taux de rendement minimum garanti ou pas ?
Retour à la page d'accueil

Branche 21 : choisir un taux de rendement minimum garanti ou pas ?

Article rédigé le 9 août 2019.

Un contrat d’assurance-vie de capitalisation en branche 21 est un contrat qui propose, entre autre, d’effectuer un placement Ă  moyen / long terme avec :

- un capital (hors frais et taxes) garanti Ă  l’Ă©chĂ©ance (si elle est prĂ©dĂ©terminĂ©e) ou au dĂ©cĂšs

- un taux d’intĂ©rĂȘt minimum garanti

Attardons-nous sur ce dernier point.




Durée de la garantie

Si un taux est garanti, il ne l’est plus comme cela s’est vu antĂ©rieurement pour une durĂ©e ’vie entiĂšre’. Ce qui, Ă©conomiquement, Ă©tait une absurditĂ© totale, comme certaines compagnies ont pu l’apprendre Ă  leurs dĂ©pends avec des taux contractuellement garantis Ă  plus de 4 % !

Actuellement, les taux minimum garantis le sont habituellement pour une durée de 8 ans, ce qui correspond à une sortie possible du contrat dans des conditions fiscalement avantageuses.


Quel taux est garanti ?

Sauf exception, le taux rĂ©ellement perçu par l’Ă©pargnant est composĂ© de 2 paramĂštres :

- Un taux minimum garanti en dĂ©but de contrat et pour une durĂ©e dĂ©terminĂ©e
- Une participation bĂ©nĂ©ficiaire

Cette derniĂšre est dĂ©terminĂ©e chaque annĂ©e par l’assureur pour l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et vient s’ajouter au taux minimum garanti. La hauteur de cet ajout n’est pas dĂ©terminĂ©e par les rĂ©sultats de la compagnie, comme on le croit parfois, car vous n’ĂȘtes pas actionnaire de celle-ci, mais dĂ©pend de deux facteurs :

- les rĂ©sultats de la gestion financiĂšre des fonds confiĂ©s par les assurĂ©s
- la politique commerciale de la compagnie

Ce second point est hyper important et c’est lui qui dĂ©termine ce qui suit.


Deux options

Les assureurs proposent souvent deux types de contrats :

- l’un offre un taux minimum garanti +/- Ă©levĂ© et une participation bĂ©nĂ©ficiaire moindre
- l’autre un taux minimum garanti (quasi) nul et une participation bĂ©nĂ©ficiaire plus Ă©levĂ©e

Normalement, le taux final distribué aux épargnants est plus avantageux dans le second cas, car les investisseurs acceptent de prendre un risque supplémentaire avec une absence de garantie minimale.

Cette diffĂ©rence de taux peut apporter sur la durĂ©e une rentabilitĂ© consĂ©quente. D’oĂč se pose la question : quel est le principe qui sous-tend cette diffĂ©rence ?


Une question d’investissement

Lorsque l’assureur est tenu d’offrir un taux minimum, il a les pieds et mains liĂ©es. Pour simplifier, il doit prendre peu de risque sur les marchĂ©s financiers pour garantir
 cette garantie. Ce faisant, il ne pas ou peu tenter de profiter d’opportunitĂ©s de marchĂ©s. Au contraire, sans taux minimum, il dispose d’une marge de manƓuvre plus importante pour investir sur les marchĂ©s boursiers.

Attention : on parle ici de marge sur les intĂ©rĂȘts, pas sur le capital, qui reste garanti ! L’assureur n’investira qu’une faible partie des avoirs sur les marchĂ©s Ă  risque, et c’est la hauteur de cette partie qui fera la diffĂ©rence sur les deux types de contrats.

NĂ©anmoins, le constat doit ĂȘtre le suivant : en cas de marchĂ©s haussiers, les contrats sans taux garanti doivent donner un rendement supĂ©rieur au contrats avec taux minimum garanti.

Or, ce n’est pas toujours le cas. Pourquoi ?


La politique de l’assureur

En choisissant un contrat sans taux minimum garanti pour espĂ©rer Ă  long terme un rendement qui fera la diffĂ©rence, on part sur un principe : faire confiance Ă  l’assureur ! Il faut donc ĂȘtre sĂ»r que celui-ci ne prendra pas ses clients en otage, pour une raison ou l’autre. Car le blanc seing est donnĂ© contractuellement par le client en contrepartie d’une simple promesse orale.

Tout repose sur le bon vouloir de l’assureur. Il est donc important de vĂ©rifier quels ont Ă©tĂ© les taux rĂ©ellement distribuĂ©s par l’assureur au fil des annĂ©es sur les deux types de contrats et sur la plus longue pĂ©riode possible pour repĂ©rer d’Ă©ventuels accrocs. Le but est de vĂ©rifier qu’au moins en pĂ©riode de hausse des marchĂ©s, une politique de taux plus gĂ©nĂ©reuse a bien Ă©tĂ© appliquĂ©e sur les contrats sans taux minimum garanti. En se rappelant que le passĂ© n’est pas une garantie de futur tranquille.

Ce n’est ni innocent, ni inutile ! Nous avons malheureusement en mĂ©moire l’ex-Delta Lloyd Life dont le contrat sans garantie de capital a Ă©tĂ© (nettement) moins payĂ©s en intĂ©rĂȘts Ă  partir du jour oĂč la compagnie a eu des difficultĂ©s, notamment suite Ă  2008. Elle a profitĂ© du fait qu’aucune garantie de taux minimum n’avait Ă©tĂ© accordĂ©e sur ses contrats ’Eternal alpha’ pour ne (quasi) plus les rĂ©munĂ©rer. En effet, mĂȘme aprĂšs la crise et dans les pĂ©riodes boursiĂšres positives, le taux des contrats sans garantie minimale restait infĂ©rieur au contrat garanti. Ce qui lui permettait de se renflouer au dĂ©triment des clients, non sans ironie puisque le discours du moment Ă©tait : ’Nous avons une politique de taux prudente’.


Conclusion

Nous ne disons pas que toutes les compagnies rĂ©agissent ainsi. Notre partenaire Patronale a (jusqu’ici) prouvĂ© son sĂ©rieux. Mais il faut ĂȘtre conscient que si un assureur doit sauver ses fesses, il le fera au dĂ©triment du client.

Y a-t-il dĂšs lors une bonne ou mauvaise dĂ©cision ? Non, il y a juste un choix Ă  faire en toute connaissance de cause. Nous espĂ©rons vous avoir aidĂ© Ă  en prendre conscience.

31 mai 2019
GENERALI devient Athora
Depuis le 31 mai 2019, le nom de Generali disparait du paysage et a Ă©tĂ© remplacĂ© par celui d’Athora, du nom du groupe qui a rachetĂ© la compagnie dĂ©but 2019. (...)
Lire la suite.
Voir toutes les actualités
Contact | Plan du site | Recherche | Un site propulsé par SPIP et mis en toile par Vivao